⚡ Vitesse
Types de vitesse, échelle complète et nuances d'évaluation, de l'humain moyen à l'incommensurable.
La Vitesse — types, échelle et nuances d'évaluation
IntermédiaireLa vitesse est le rapport entre une distance parcourue et le temps mis pour la parcourir (v = d/t). Selon la relativité restreinte d'Einstein (1905), la vitesse de la lumière dans le vide (c ≈ 299 792 458 m/s) est une constante universelle et une limite infranchissable pour tout objet massif. La fiction ignore régulièrement cette limite, d'où la nécessité d'une échelle qui va bien au-delà de c.
Les différents types de vitesse : vitesse d'attaque, vitesse de combat, vitesse de réaction, vitesse de perception, vitesse de déplacement et de vol.
L'échelle des niveaux va de l'immobile (0 m/s) à l'humain moyen (5-7,7 m/s), au pic humain (Usain Bolt, ≈12,4 m/s), au surhumain, au subsonique, au supersonique, à l'hypersonique, jusqu'au relativiste (10 à 100% de c), à la vitesse de la lumière elle-même, puis au FTL (plus rapide que la lumière) et à la vitesse infinie ou incommensurable.
Nuances essentielles : se déplacer pendant un arrêt du temps n'est pas de la vitesse infinie ; traverser la distance entre deux univers n'implique pas une vitesse infinie sauf preuve contraire ; vitesse de réaction et vitesse de déplacement ne sont pas automatiquement liées.
Un peu d'histoire : Zénon d'Élée posait déjà ses paradoxes du mouvement au Vᵉ siècle av. J.-C. ; Galilée formule la loi de la chute des corps ; Einstein révolutionne le champ en 1905 en montrant que la vitesse de la lumière est invariante.
Comment on mesure une vitesse en fiction
Dans la vraie vie, mesurer une vitesse est simple : un chronomètre, une distance. En fiction, on n'a ni l'un ni l'autre, alors on travaille avec ce que l'œuvre nous donne. La formule reste v = d/t, mais il faut aller chercher les deux valeurs.
La distance vient en général de repères visuels : la taille des personnages, un bâtiment dont on connaît les dimensions, un chiffre cité dans le récit. Le temps est plus délicat. Ça peut être une durée annoncée, un événement physique connu (la chute d'un objet, un son qui se propage), ou un décompte narratif.
Un exemple simple : un personnage parcourt 500 mètres en 2 secondes. Ça fait 250 m/s, soit environ 0,73 Mach, donc juste sous la vitesse du son (343 m/s). S'il parcourt 1 kilomètre dans la même durée, on passe à 1 000 m/s, autour de Mach 2,9. Le calcul est trivial, mais le résultat vaut ce que valent les deux mesures de départ.
Quand une des deux valeurs est floue, le résultat l'est aussi. Dans ce cas, on annonce une fourchette plutôt qu'un chiffre unique. C'est plus honnête, et beaucoup plus difficile à contester en débat.
Trois repères à connaître par cœur
Le son. Mach 1 vaut environ 343 m/s dans l'air à 20 °C. À partir de Mach 5 à peu près, on parle d'hypersonique.
La lumière. 299 792 458 m/s, soit environ 874 000 fois la vitesse du son. C'est pour ça que « plus rapide que le son » et « plus rapide que la lumière » ne sont pas deux crans d'écart mais deux mondes différents.
L'espace. La Lune est à 384 400 km de la Terre : la lumière met environ 1,3 seconde pour y aller. Le Soleil est à 150 millions de km, soit un peu plus de 8 minutes de trajet pour la lumière. Un personnage qui fait Terre-Lune en 10 secondes va à environ 38 440 km/s, près de 13 % de c. C'est déjà du relativiste, alors qu'à l'écran ça a juste l'air d'un type qui file dans le ciel.
Réaction, déplacement, perception : on ne les additionne pas
Un humain met environ 0,2 seconde à réagir à un signal visuel. En fiction, on croise des personnages qui voient une attaque venir et qui bougent avant l'impact. Ça prouve une vitesse de réaction élevée. Ça ne prouve pas qu'ils courent à la même vitesse. L'inverse existe aussi : un personnage capable de traverser une ville en un clin d'œil peut se faire surprendre par un coup dans le dos s'il perçoit trop lentement.
Le cas d'école, c'est l'esquive de la foudre. Quand un personnage « esquive un éclair », il faut se demander ce qu'il évite vraiment. Souvent, il anticipe : il lit l'adversaire, voit la charge monter, se déplace avant le déclenchement. C'est intéressant, mais ça ne vaut pas l'esquive d'un éclair déjà parti, dont la phase finale se propage à une fraction notable de la vitesse de la lumière.
Autrement dit, la question à poser n'est pas « est-il rapide ? » mais « rapide à quoi faire ? ». Réagir, bouger, frapper et percevoir sont quatre capacités, et une scène en illustre rarement plus d'une.
Ce qui ressemble à de la vitesse sans en être
La téléportation. Il n'y a pas de trajet, donc pas de vitesse de déplacement à mesurer. Ce qu'on peut évaluer, c'est le temps d'activation, ce qui est une autre question.
Le montage. « Il apparaît derrière lui » sans aucune transition : l'auteur ne dit pas combien de temps ça a pris. Une case de manga n'est pas un chronomètre, et une coupe d'animation non plus.
Les attaques à distance instantanées. Un rayon qui touche d'un coup mesure la vitesse de l'attaque, pas celle du personnage qui l'a lancée.
Les effets de style. Traînées lumineuses, images rémanentes, décors qui floutent : ce sont des choix de mise en scène. Ils suggèrent la vitesse mais ne la chiffrent pas.
Les erreurs de débat qui reviennent tout le temps
Déduire la vitesse de la force. Un personnage très puissant n'est pas forcément rapide. Un colosse peut être lent, et un personnage frêle extrêmement vif.
Confondre « très rapide » et « plus rapide que la lumière ». Tant qu'on reste sous c, tout se mesure. Au-delà, il faut de vrais arguments, comme la traversée de distances interstellaires en très peu de temps.
S'appuyer sur un seul chapitre. La vitesse d'une scène est souvent ajustée à l'émotion plutôt qu'à la cohérence physique. Mieux vaut croiser plusieurs sources que de bâtir un chiffre sur une scène isolée.
Ignorer l'écart de perception. Un personnage qui est vu par tout le monde pendant son déplacement ne va probablement pas aussi vite qu'un autre dont personne ne discerne le mouvement.
Un dernier conseil, tiré de pas mal de débats : prends toujours la valeur basse défendable. Un chiffre modeste qu'on peut défendre vaut mieux qu'un chiffre énorme qui s'effondre à la première objection.